A l’occasion du 221e anniversaire de l’abolition de l’esclavage (4 février 1794) et de l'ouverture du Black History Month L’association des amis du général Dumas et Claude Ribbe vous invitent à vous rassembler à Paris mercredi  4 février 2015 à 18 heures précises devant le monument au général Dumas Place du général-Catroux 75017 Paris Métro Malesherbes ligne 3 bus 94


Communiqué de Claude Ribbe
à propos de la décision de la mairie FN de Villers-Cotterêts de commémorer le général Dumas le même jour à la même heure

Le maire de Villers-Cotterêts (Aisne) M. Franck Briffaut (Front national) avait refusé, le 10 mai 2014, journée nationale de commémoration de l’esclavage et de ses abolitions, de rendre officiellement hommage au général Dumas, né esclave dans une ex-colonie française.
Cet hommage,  l’association des amis du général Dumas, avec le soutien de nombreuses associations, l’avait néanmoins rendu.
Neuf mois plus tard, le 4 février 2015, jour anniversaire de la première abolition de l’esclavage, le même Franck Briffaut va rendre au général Dumas, à Villers-Cotterêts, l’hommage officiel refusé le 10 mai.
Nous ne pouvons que nous réjouir de voir la municipalité de Villers-Cotterêts admettre, fût-ce avec 9 mois de retard, d’une part que le général Dumas est une figure emblématique de la nation, d’autre part qu’il faut commémorer l’abolition de l’esclavage.
Ce même 4 février 2015, à 18 heures, l’association des amis du général Dumas, comme elle l’avait déjà fait le 4 février 2014, célébrera le général Dumas devant le monument dont elle a demandé et obtenu l’installation, en 2009, place du général-Catroux à Paris (17e).
Elle commémorera ainsi la 1ère abolition de l’esclavage par la République française le 4 février 1794 tout en faisant écho à l’ouverture du Black History Month des Afro-Américains.
Nous appelons à cette occasion tous les descendants d’esclaves, tous les Afro-descendants, tous les Africains de France et tous leurs amis à se rassembler à notre appel.
Nous souhaitons montrer que le général Alexandre Dumas,  héros républicain, figure de l’intégration, arrivé sans papiers sur le territoire français, victime du racisme, ne saurait être récupéré par aucun parti, à plus forte raison s’il ne partage pas les valeurs que le général  défendait.
Dans le contexte des violences atroces des dernières semaines, mais aussi après la polémique déclenchée par le spectacle Exhibit B  et  la répression inadmissible qui a visé les Afro-descendants et les Africains de France exprimant leur légitime indignation face à cette « performance » imposée grâce à l’argent et la force publiques, il convient de montrer que la lutte contre la négrophobie ambiante s’inscrit dans le combat contre toutes les formes de racisme au même titre que la lutte contre l’antisémitisme ou l’islamophobie.
Ce combat passe par la valorisation des figures emblématiques dont le général Dumas est, sans conteste, le plus bel exemple.
Le monde entier est préoccupé par la montée du racisme en France, et il est attentif à  la  manière dont la France traite la mémoire des héros issus de ses minorités.
Les Français dont les ancêtres ont subi l’esclavage et la colonisation ont besoin de savoir que les  héros qui leur ressemblent - et qui peuvent servir de modèles aux plus jeunes - ne sont pas exclus du panthéon national par un apartheid mémoriel qui s’ajouterait aux injustices sociales renforcées par le racisme.
Traiter ces héros par le mépris, comme c’est trop souvent le cas, c’est s’exposer demain aux plus graves dangers.
Nous demandons  à l’État, en honneur du général Dumas, de répondre à la demande de la ville de Paris exprimée par le voeu du 1er octobre 2014 et de mettre en chantier un centre Dumas de culture et de mémoire, dédié aux descendants d’esclaves, aux Afro-descendants et aux Africains de Franceer octobre 2014 et  de mettre en chantier un centre Dumas de culture et de mémoire, dédié aux descendants d’esclaves,  aux Afro-descendants et aux Africains de France, qui pourrait accueillir par ailleurs le centre des outre-mer, promis par M. François Hollande voici déjà trois ans, comme il a été promis de retirer le mot « race » de la Constitution.

Claude Ribbe

   
   
     
     
   
     





Photos : Antoine Kahn